Elle s'arrêta devant un cerisier en fleur: elle en caressa le tronc luisant où elle sentait monter la sève, en toucha légèrement les n½uds gommeux, puis ayant jeté un coup d'½il aux alentours, elle le serra étroitement contre elle, et il lui sembla que l'arbre lui répondait par une pluie de fleurs. Elle s'ébroua en riant: "il ne manquerait plus qu'il m'arrive la même chose qu'à l'arrière grand-mère!" Après tout, pourquoi pas? Qui choisir? Fabio ou le cerisier? Fabio, sans aucun doute; il ne faut pas céder aux impulsions du moment. Mais à ce moment précis, Amélie sut qu'elle désirait en quelque manière que le cerisier entre en elle, fructifie en elle. Elle gagna la clairière et s'étendit entre les fougères, fougère elle-même, seule, légère et flexible dans le vent.






